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Par Pierre Faucher




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LE VACCIN



Pour quelqu’un, comme moi, qui a vécu sa jeunesse dans la fin des années soixante et début des années soixante et dix, le marxisme rappelle bien des souvenirs. Les universités et les CEGEP étaient pleins de révolutionnaires barbus qui contrairement à la population de l’époque qui n’était pas capable de dire deux mots sans émailler son langage de jurons, ceux-ci avaient toujours à la bouche la lutte des classes, la dialectique matérialiste et le combat glorieux du prolétariat contre la monstrueuse classe bourgeoise. Le mystère à cette époque était, pour moi, comment expliquer que cette affreuse classe bourgeoise qui n’avait comme valeur que l’argent, au mépris des personnes qu’elle utilisait pour atteindre ses fins ; comment expliquer que le système d’éducation subventionnait la promotion du marxisme ?

Je ne crois pas que notre société de l’époque l’ait fait consciemment, mais elle a très bien appliqué la dialectique en se nourrissant de son contraire. La meilleure façon de protéger la jeunesse contre l’épidémie révolutionnaire marxiste de l’époque était de l’exposer à cette idéologie, à petite dose, avec des microbes affaiblis ou morts. Les prétendus prophètes de Marx ont effectué, à leur insu, une activité qui protégeait la société de l’époque et c’est pour cela qu’ils étaient payés : vacciner les jeunes contre la maladie. Ce vaccin n’était pas parfait, puisque un petit nombre des patients ont at-trapé la maladie, mais par ailleurs, l’objectif ultime a été atteint, la population a été préservée de l’épidémie et a été sauvée.

Pour moi, l’éducation religieuse institutionnalisée telle que pratiquée actuellement remplit la même fonction de vaccin. Tu me diras que j’ai attrapé la maladie et c’est vrai ; toutefois, le vaccin fonctionne dans une très large proportion des cas d’une manière excellente. Encore une fois les personnes qui se sont fixées comme objectif de répandre la bonne parole se tirent dans les jambes en fonctionnant de la manière institutionnelle, cette approche tue le microbe et lui fait jouer le rôle de vaccin. Les vaccinés sont protégés contre la maladie. Les jeunes qui passent par le moule de l’éducation chrétienne et de l’initiation sacramentelle sont en effet très bien protégés contre la foi. Ils peuvent croire qu’ils ont goûté au fruit, que celui-ci a un goût infecte et l’ont recraché. Jamais ils n’auront l’envie d’y goûter à nouveau, bien au contraire.

Où est l’erreur ? L’erreur porte sur le fait que deux fruits se ressemblent à s’y méprendre : la foi et la religion. Il est important de ne pas les confondre. La foi porte en elle la vie, tandis que la religion peut te tuer et tu as bien raison de la fuir.